Compte-rendu du week-end de Gramont des 11, 12 et 13 septembre 2015

« Ils sont venus, ils sont (presque) tous là !
« Y a même Michel, l’Vépé maudit !
« Elle va s’ouvrir, la fiesta-a-a » (sur l’air d’Elle va mourir, la mama ! de C. Aznavour)

Après une quarantaine d’années d’une si longue absence, les Vépés « défricheurs » du Mali, comme les ont justement surnommés les Delion’s de Bozola, se sont retrouvés comme s’ils ne s’étaient jamais quittés.

Certes l’aspect physique des hommes s’est un peu arrondi, leurs cheveux, quand il en reste, ont si légèrement blanchis, mais les yeux des filles sont toujours aussi pétillants de malice et d’intelligence et leurs sourires toujours aussi charmeurs. La voix de ces 22 Homo Malibis, miraculeusement, n’a pas changé, leur rire et leur accent non plus . Ces 22 ancêtres étaient accompagnés de 9 pièces rapportées qui, très vite, mimétisme aidant, se sont fondues dans le moule des 40 ans.

Hélène Peltriaux (Alphabétisation Fonctionnelle de Bamako) et Philippe Guyon le Bouffy (Service de l’Élevage de Yanfolila) nous avaient gentiment proposé de nous réunir chez eux, à Gramont, un beau petit bout du monde, du joli nom de Larrieu. Faut reconnaître que leur case était assez bien adaptée à ce genre de manifestation ; grange et fenil, mais aussi les gîtes voisins, ont très vite fait l’affaire. C’est que le programme était bougrement chargé et le défi important à relever.

Jugez-en vous-mêmes :
Nous étions donc 31 à avoir fait le déplacement, qui en voiture (pas la bâchée, ni la 2CV camionnette), qui en train (pas le Dakar-Koulikoro), qui en covoiturage (pas le taxi de brousse), pour rejoindre, malgré l’excentricité (au sens propre comme au figuré) du lieu, cet endroit pour fêter nos quarante ans.

Hélène et Philippe avaient fait très fort : paëlla géante, le premier soir (le 11), énorme cassoulet le lendemain midi (le 12), barbecue copieux le dimanche midi (le 13). Et le samedi soir, me direz-vous ? C’était Pantagruel à Byzance, grâce au banquet régional auquel chacun des convives avait participé avec amour en apportant, un morceau comestible de son petit coin de France : une, voire deux, spécialités. Byzance, je vous dit. Certes, il y avait un peu plus de liquides que de solides. Mais nous nous sommes régalés et nous avons bien bu et ce, sans scrupule ni modération : on dormait quasiment sur place…

Et, en dehors du manger et du boire, qu’avez-vous donc fait durant tout ce temps ? Si je me souviens bien, RIEN ! Rien du tout, si ce n’est que de parler, d’échanger, de se connaître pour certains, de se retrouver pour d’autres, de se re-connaître pour les troisièmes. Pensez-vous ! quarante ans sans se causer : il y avait beaucoup de choses à dire sur nos vies, nos aventures post Vépé, nos amours, nos engagements du moment, nos joies, nos peines aussi. Un regret peut-être : de n’avoir pu échanger sur ce que nous sommes devenus en 2015, n’est-ce pas Christian ?

On a reparlé des événements marquants de la Délégation régionale AFVP de Bamako (BP 1721) et en premier lieu de Luc Bois, éducateur spécialisé, victime du palu à Bollé, et décédé sur place en 1975 ; de l’arrestation, de l’emprisonnement puis de l’expulsion de Michel Baronnet (Coopération Fruitière de Bamako) ; d’Antonio Moncho (Ministère de la Santé à Bamako) et de ses virées nocturnes bien arrosées, même en saison sèche ; de la maternité en catimini de Marie-Claude Delion (Ministère de la Jeunesse et des Sports à Bamako) et de l’arrivée d’Éric Gaoussou dans l’ancienne clinique du Dr Hautin (vous vous souvenez sûrement de lui, en tout cas de son doigté) ; de la soirée « barbecue » de Philippe Guyon à Yanfolila, de ses soins au Point G (rien à voir avec la phrase précédente !), et de son évacuation sanitaire vers la France ; de Dominique Lévêque et de ses apparitions virginales ; des compétitions de basket avec, en vedette, Lucette Bardi ; de l’installation des triplettes à Gao : Maryvonne Bévand, Josette Beslin et Denise Serin…

Hélène (infatigable) et Philippe (omniprésent), ont été exceptionnels durant tout le WE, Jusqu’à inviter un conteur malien, un griot, quoi, qui nous a régalé une heure durant.. Quelle magnifique idée !!!

Le Livre d’Or, heureusement récupéré à Bko par les soins de Philippe, les albums photos, et la soirée diapos du 12 ont largement contribué à fixer, dans nos mémoires, dates, lieux ou visages d’amis maliens ou français un peu oubliés (je n’ose pas parler d’Alzheimer qui n’avait pas été invité !).

En dehors des VP présents, déjà cités, il faut ajouter Régine Gilbert de Sirakorola, toujours aussi pertinente et nature ; et son homologue de Ouelessébougou, Odile Vallée, qui était accompagné de son Daniel Louvet de mari ; Marie-Claire Huchon de Gao et son Didier Narbeburu de mari, encore en activité à France Volontaires (ex AFVP) ; Marie-Hélène Guillard de Gao et de son Patience Nkongué de mari, dit Passy, et également appelé le DJ champ-ardennais : il a animé de belle façon nos deux soirées de folie ; Jasmine Abel, de Ségou et Dilly, douée d’un étrange don d’ubiquité : présente à Gramont, aujourd’hui danoise et toujours en activité en Afrique ; Suzanne Comte (Centre Médical de Bko) ; Eric Delion et Virginie Maïer, les fruits confits du Mali ; Christian Houpin de Bollé, le grand homme de Tiguida ; Gisèle et son Didier Gazaniol de mari ; le bon toubib Martine Oyatchimi de Dilly ; l’extravagant Gérard Valentin (Alphabétisation fonctionnelle de Koulikoro) et sa douce Françoise de Sanary ; Yvette Maïer, la secrétaire préférée du Délégué (certains bruits couraient qu’ils dormaient ensemble !) ; Jean-Paul Maïer, le tout jeune déglingué régional AFVP ; enfin, le régional de l’étape, Philippe D’halluin de Sirakorola, et aujourd’hui prêtre du côté d’Agen.

Sans parler des absents et excusés, bien au cœur de nos discussions : Didier Leiris et Zahia, son épouse, retenus par Yannick, leur fils autiste ; Yves et Diaka, coincés professionnellement à Ouaga ; Jean Raymond Cocut, de Oueléssébougou, décédé il y a peu d’une crise cardiaque ; Lucette et Jean-Paul Blondel, de Bko, retenus pour soins médicaux à Vanault les Dames ; Nadine Gobin de Gao, tombée malade (pour une infirmière, c’est un manque de professionnalisme !) à la dernière minute ; Claude Robert, le petit mari de Régine qui doit surveiller son cœur ; les Guichard, adjoints de la délèg’, sur le chemin de saint Jacques de Compostelle ; François Ader, en mission pour ECTI, et Philippe Blanc, délégué après Jean-Paul, en mission au Maroc ; Yves Bodart de Dilly, médecin super-actif, empêché, on se demande pourquoi ; Alain Demaison, retenu par la mission de coopération au Burkina ; Annie Journoux, de l’Association des Jeunes Aveugles du Mali ; Bernard Gardes (de Diré ?), retenu par des affaires familiales ; Jean-Noël Grivat de Bollé ; et Bruno Pioch (Coopération fruitière à Bko) resté auprès de sa maman..
Et puis, les Jean Aymard de Sikasso et Christian Thouvenin de Bko que l’on n’a jamais réussi à joindre. Ce sera pour une prochaine fois, si les détectives que nous avons missionnés arrivent, enfin, à retrouver leurs traces.

On pourrait encore parler de la météo du WE, des vallons et des champs environnants et de leur lumière exceptionnelle, matin, midi et soir, de la balade au miel du dimanche matin, de la fontaine à vin surprenante de Larrieu, de Maïka, la chienne, et de ses fulgurances, … trop de choses encore à dire !

Et après ? On digère (au propre comme au figuré) l’événement. Et on retend les liens que nous avons renoués à Gramont. Bien, mais après ? Un bruit court, mais ne le diffusez pas encore : de prochaines retrouvailles pourraient avoir lieu en Champagne-Ardenne (la région la plus représentée ce WE) dans un an ou deux…

Mais ça, c’est une autre histoire !!!

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Mémoire d’ Afrique d’ un Volontaire Vendéen

« J’ai voulu dans ce livre raconter mes deux séjours en Afrique.

Le premier (1964-1965) comme militaire appelé, à l’époque où le service militaire était obligatoire pour tous les jeunes gens. Le « bidasse » était logé, nourri, et blanchi, mais la solde était dérisoire (le salaire du « petit Blanc »). Sur la base aérienne de Fort-Lamy, située à dix kilomètres de la capitale du Tchad, N’Djaména, on vivait comme dans une bulle : cinéma, piscine, sport, rien ne manquait sur la base.

Le second (1965-1967) en brousse, au Niger, comme coopérant dans le cadre de l’Association française des volontaires du progrès, fut un engagement volontaire plus proche de la population. Mais la vie était dure sans électricité, sans téléphone et sans eau courante sous un soleil de plomb.

À Yatakala, il y avait quatre cents habitants et des liens se créaient facilement avec la population du village, surtout avec le développement de la pêche et de
la pépinière.

Entre 1963 et 2013, l’AFVP a permis à dix mille volontaires de participer à des projets de coopération et de développement, principalement en Afrique et à Madagascar. Depuis 2013, l’AFVP est devenue France Volontaires. »

Guy-Paul Pain

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Memoires Afrique_10 9 15 (19)

 

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